Eclipse

NNamrak.org

vendredi 5 décembre 2008

Quelques liens épars ...

  • Mes amis gauchistes sont parfois énervants, mais voilà pourquoi je ne voterais jamais Sarkozy...
  • La liste des choses à ne pas faire au réveillon de Noël, version japonaise ...
  • La crise et l'Euro ... J'ai tendance à penser comme Eichengreen. Au fur et à mesure que la couronne suédoise glisse, les suédois autour de moi se rendent compte qu'ils seraient plus tranquille vis-à-vis de ce genre d'épisode s'ils adoptaient la monnaie unique de leurs voisins non scandinaves ... Ce n'est qu'un exemple, mais dans la situation actuelle, la stabilité que confère une monnaie aussi importante est positive pour tout le monde, non-européens compris. Et comme l'un des principaux désavantage de l'Euro - les critères de stabilité applicables même en temps de crise - est à l'usage sans effet puisque la France et l'Allemagne s'en foutent, la balance est plutôt favorable à l'Euro à moyen terme, à mon avis.
  • Eurojunkie râle contre le PSE, et il a bien raison. Abandonner le terrain en rase en campagne au milieu d'une double crise pour l'Europe (financière et institutionnelle), c'est proprement inqualifiable.

Tags: , , , ,

lundi 1 décembre 2008

Election en Roumanie

Les médias en ont peu parlé, mais ce dimanche, la Roumanie s’est déplacée pour élire son Parlement et son Sénat. Les résultats (pdf), après comptage de la quasi-totalité des scrutins, n’ont donné aucun vainqueur clair, mais on peut déjà faire plusieurs observations:

  • Cette élection étrenne le nouveau système électoral, auparavant proportionnel, qui a été modifié en janvier, après qu’un référendum sur le passage à un système uninominal ait été annulé, par faute de votants en septembre 2007. Considéré comme un mélange de scrutin uninominal et de proportionnelle, le nouveau système est surtout devenu incompréhensible. J’ai essayé de trouver comment l’expliquer, mais ce n’est franchement pas évident. C’est aussi l’avis de Susanne Kastner, vice-présidente du Bundestag, qui n’est pourtant pas élu de la manière la plus simple lui-même.
    Le passage à un scrutin uninominal, alors que la tendance mondiale est plutôt vers la proportionnelle, était supposé rendre les élus plus responsables devant les électeurs, dans un pays où la classe politique est largement corrompue. Mais le mode de scrutin n’est qu’uninominal en apparence et reste proportionnel de fait. On peut donc se demander si l’opacité du système n’est pas surtout une manière d’assurer la continuité des pratiques politiciennes.
  • La participation a été extrêmement faible, à 39,26%. Outre le caractère compliqué du scrutin, des considérations comme le week-end prolongé (le lendemain du jour de scrutin est le jour de la Fête Nationale, les gens sont partis en week-end, et il n'était possible de voter que dans son lieu de résidence) et un débat politique consternant (comme ce sénateur et cette députée qui se jettent des verres d’eau à la figure à la télévision) n’ont pas vraiment incité les gens à se rendre aux urnes pour donner leur voix à des politiciens qu’ils considèrent soit corrompus soit incompétents.
  • La faible participation n’a cependant pas profité au principal parti extrémiste, le PRM de Vadim Tudor, qui, passant de 13% des voix à 3%, disparait du Parlement. On se souvient qu’en 2000, Tudor était arrivé au second tour de l’élection présidentielle, et ne fut battu par l’ancien communiste Illiescu que parce que l’ensemble de la classe politique s’était rallié à ce dernier. Ça rappellera quelque chose en France. Le parti de la Grande Roumanie avait depuis renié certaines de ses convictions antisémites, sans grand succès électoral apparemment. Plusieurs cadres ont également déserté le parti pour rejoindre les partis modérés. Peut-être que l’adhésion à l’Union Européenne, maintenant acquise, a rendu les idées nationalistes moins percutantes.

Enfin, les résultats. Aucun parti ne gagne vraiment. Le PSD, qui représente la gauche à lui seul[1], recule un peu, de 37% à 33% ; le PD-L, parti de centre-droit du président Băsescu, fait presque jeu égal en terme de voix à 32% (mais il reste à voir comment cela sera en terme de nombre de députés). Le PNL, parti centriste qui dirige l’actuel gouvernement minoritaire, n’a fait que 18%. Le dernier parti à avoir dépassé les 5% permettant d’avoir des parlementaires est l’UDMR, parti représentant la minorité hongroise, avec 6,3%, un score stable.

La suite est difficile à deviner. Le PSD, arrivé en tête, a hier soir (quand des sondages un peu erronés sortis des urnes lui donnaient plutôt 36% contre 30% pour le PD-L), clamé sa victoire. Mais Băsescu est celui qui décidera qui sera le premier ministre, et le chef de son parti a clamé la victoire de la droite, ce qui peut être interprété comme une volonté de reformer l’alliance de 2004 avec le PNL, mais avec cette fois un membre du PD-L comme chef de gouvernement. Les négociations en vue de la formation d'un gouvernement auraient déjà commencé. Mais tout cela est peut-être provisoire en attendant l'élection présidentielle de la fin 2009.

Notes

[1] Mais les concepts de gauche et de droite sont moins importants ici, pour preuve l'alliance lors de cette élection entre le PSD et le petit Parti Conservateur

Tags: ,