Eclipse

NNamrak.org

jeudi 20 mars 2008

www.interet-public.gouv.fr : Erreur 404

Les blogs politiques (voir par exemple Luc Mandret, Authueil, Jules et le Figaro pour un résumé) bruissent depuis plus de vingt-quatre heures maintenant de la nomination d'un jeune normalien, Nicolas Princen[1], pour une mission de surveillance de la diffusion d'informations sur le chef de l'Etat sur la Toile. Plus exactement sa mission serait, je cite le Jdd (via Jules):

Surveiller tout ce qui se dit sur la Toile, de traquer les fausses rumeurs et de déjouer toute désinformation à l'encontre du Président. L'objectif: contre-attaquer aussitôt.

Passons sur le fait d'utiliser le mot Toile, ce qui est ringard depuis la création d'Internet, et concentrons-nous sur ce qui me gêne dans cette histoire. La plupart des blogs reprennent l'affaire sur un ton goguenard qui traduit un certain amusement mêlé de consternation. C'est l'idée même de surveillance qui gêne en général, mais pour moi ce n'est pas là le problème. Jules détonne en effet en précisant bien:

Nonobstant les termes — disons accrocheurs — de la rédaction journalistique, il s'agit bien de collecter les informations nécessaires à l'anticipation des éventuelles menaces qui pèsent sur l'image présidentielle ; tout comme une entreprise prend soin de surveiller l'évolution de son image.

Tout le problème que j'ai avec cette affaire est que je ne goute pas ce parallèle. L'État n'est pas une entreprise d'une part, et ce n'est pas son image, mais celle du Président dont il est question d'autre part. Ce serait l'UMP qui financerait l'emploi de Nicolas Princen je n'aurais rien à dire. Mais là c'est un poste officiel, il me semble. En quoi la mission de Princen apporte-t-elle quoi que ce soit à l'intérêt public de près ou de loin? Ce n'est pas le cas, sauf à confondre l'intérêt personnel du président et l'intérêt public; ce que je soupçonne Sarkozy de faire, plus dans la lignée d'un Napoléon III que d'un De Gaulle, d'ailleurs.

Princen n'a aucune raison d'être le souffre-douleur de la blogosphère[2], comme le prédit Jules. C'est sa mission qui est déplacée, et l'étrange conception de l'intérêt public qui semble animer les hautes sphères de l'État qui ont eu cette idée ridicule.

Ça, c'est pour la hauteur des principes.

Dans les faits et dans la pratique, il est clair qu'il est ridicule de croire que Princen peut surveiller tous les blogs, sauf à mobiliser des moyens à la chinoise pour ce faire, mais il n'a jamais été question des blogs, dont l'audience reste faible [3] mais d'Internet. Qu'est-ce qui sur Internet, a pu nuire à l'image du Président récemment? La fameuse vidéo du pauvre con, évidemment. Les sites de partage de vidéos comme Youtube et Dailymotion ont une audience bien plus élevée que les blogs, et sont d'autant plus facilement identifiables qu'ils sont les épicentres de ces buzzs basés sur la vidéo. Il est facile de faire pression sur un de ces sites pour faire retirer une vidéo sous divers prétextes passe-partout comme le "droit à l'image". Les dit sites ont d'ailleurs l'habitude, ils retirent quotidiennement des vidéos de clips musicaux ou d'extraits de films ou d'émission, à la demande de sociétés détentrices de copyright.

Cela est d'ailleurs en phase avec une certaine crispation du cercle sarkozien autour de l'image non contrôlée, comme le montre la récente censure de Télé Libre lors d'une réunion publique de Rachida Dati. Mais ça n'a rien de nouveau: déjà pendant la campagne présidentielle, le rôle de Sarko TV avait été de fournir une source d'image contrôlée, certes pas obligatoire, mais en général docilement reprise par les médias mainstream. Souvenons-nous également de l'épisode ridicule de LeWeb3 où une apparition du futur président avait montré sa conception du média: il parle, et on écoute.

Tiens, au fait, qu'en pense Loïc le Meur?

Edit: voir également Versac sur le sujet, puisque, comme il le dit, la "chose" est son métier.

Notes

[1] Qui a déjà sa page Wikipedia

[2] Bon, j'avoue m'être inscrit à son fan-club ironique sur Facebook, pour l'occasion.

[3] Oui même Versac

Tags: ,

dimanche 16 mars 2008

Résultats

Metz a basculé à gauche. Pour la première fois depuis 1948 d'après JCDR sur France 3, qui y voit une volonté de changement.

L'évènement est énorme (pour les Messins), tout autant que le score de Gros (48% selon les sources de France 3, contre 28% pour Rausch).

Évidemment, c'est maintenant que les ennuis commencent... Il faut prouver aux Messins, qui ont surtout voté pour se débarrasser du sortant et moins par adhésion, que la gauche peut gouverner Metz, et que l'avenir avec elle n'est pas morose bien au contraire.

Bonne retraite à monsieur Rausch, et on espère sans trop y croire que Zimmermann aura moins d'influence dans le paysage politique messin dans les années qui viennent.

Mertz (PS) gagnerait à Thionville aussi, et Reims passe à gauche. J'attend les résultats de Strasbourg...

Pendant ce temps Fillon fait l'autiste à la télévision.

Tags:

vendredi 14 mars 2008

Sondages phocéens

On ne le dira jamais assez, les sondages que nous proposent les instituts ne sont pas aussi mauvais qu'on ne le pense, ce sont les journalistes qui en font une présentation pernicieuse et leur font dire plus qu'ils ne peuvent dire.

Pas moins de quatre instituts de sondage se sont focalisés sur la course à la mairie de Marseille et ont publié leurs résultats jeudi et vendredi. L'AFP nous présente ceux de BVA et Ifop sous le titre Marseille: un nouveau sondage donne le PS vainqueur dans les 2 secteurs clés, qui ne laisse guère de doute. Pourtant les écarts donnés par les sondages sont ridicules: 51-49 ou 50.5-49.5, ce qui est bien en-dessous de la marge d'erreur, qui est d'au moins 4% pour les échantillons de 500 personnes utilisés par les sondeurs. Ce qui veut dire que dimanche les marseillais du troisième secteur peuvent bien voter à 53% pour la liste UMP sans être en contradiction avec le sondage BVA qui donne 51% d'intentions de vote à la liste fusionnée PS-Modem.

Pour ainsi dire, voilà un récapitulatif des quatres sondages fait avec un tableur OpenOffice qui plante avec une délicate couleur saumon pour essayer de figurer le mélange rouge-rose-vert-orange:

1er secteur:

3ème secteur:

Seul le sondage Ifop pour le 1er secteur de Marseille donne un écart à peu près significatif. Malheureusement, c'est aussi le seul dont je ne connaisse pas la taille de l'échantillon.

Le seul résultat de ces sondages, c'est que le premier et le troisième secteur de Marseille sont extrêmement indécis, et que nul ne peut prévoir l'issue de ce scrutin. Cela n'empêche pourtant la presse de titrer tantôt "le PS vainqueur", tantôt "Gaudin gagnant". Pourquoi une couverture aussi médiocre? Pourtant le fait même qu'il y a un suspense à Marseille et que l'élection se jouera dans des secteurs clés, en particulier le troisième, est une information capitale. Il y a une incompréhension de l'incertitude, et peut-être même une peur de celle-ci, qui conduit les médias à trancher pour l'un ou l'autre candidat, comme pour se rassurer.

Cela étant posé, comme le remarque Hugues, il n'est pas certain que le résultat de dimanche change beaucoup de choses à Marseille, car si la philosophie politique est différente entre l'UMP et le camp socialiste-démocrate, la gestion clientéliste risque bien, elle, d'être la même.

Tags: , , , ,

mardi 11 mars 2008

Rebondissements à Metz

La fusion des listes Griesbeck-Zimmermann-Lebeau, officialisée aujourd'hui, fait donc grincer des dents.

  • Les miennes, bien sûr. L'irrespect des électeurs du Modem allergiques au Zimmermanisme, et de ceux de Lebeau qui ont cru à sa comédie de l'apolitisme (je lui décerne volontiers la palme du foutage de gueule) m'écœure passablement.
  • Celles du Modem aussi, qui avait été rejoint par bien des gens de gauche, qui se retrouvent aujourd'hui floués.
  • Celles de l'UMP enfin, il n'y a qu'à voir les commentaires qui fleurissent sur les blogs et invectivent Zimmermann et ses deux nouveaux amis, accusés à raison de faciliter le travail de la gauche[1]. Et Grosdidier n'a pas attendu pour retirer l'investiture de l'UMP à Zimmermann pour la donner à Rausch. Ce coup de théâtre finit d'ailleurs de transformer ce Dallas en pantalonnade, du niveau des bouffonneries de Neuilly-sur-Seine ou de Puteaux. Il devient quoi le projet de l'UMP porté par Zimmermann maintenant? Finalement c'était pourri et Rausch qui était porté aux gémonies se retrouve l'espoir de la droite? Il faut voir là plus une vengeance de Grosdidier, qui n'avait pas caché sa préférence pour Rausch dès le départ, qu'une volonté de sauver une situation de toute façons désespérée. C'est à se demander si la droite messine n'est pas la plus bête de France...

Je pourrais me réjouir de cette comédie qui offre Metz sur un plateau à Dominique Gros, mais voir la ville se faire tourner en ridicule ainsi est assez affligeant.

Notes

[1] Mais vous savez, les gars, beaucoup de villes sont à gauche et s'en portent très bien...

Tags: , , ,

Où l'on parle des municipales

Un peu de militantisme, allez:

  • Gros (PS, Verts, PC, centre gauche): 34,04%
  • Rausch (DVD): 24,16%
  • Zimmermann (UMP): 16,68%
  • Griesbeck (Modem): 14,69%
  • Lebeau (Centre): 5,63%
  • Vincent-Falquet (LCR): 2,87%
  • Rinaldi (LO): 1,34%
  • Bonnet (EXG): 0,59%

Metz *peut* passer à gauche. C'est assez incroyable quand on y pense. Rausch était déjà maire que je n'étais pas né, ce qui n'est pas compliqué: il concourt pour son septième mandat quand même! Mais bien sûr, ce ne sera qu'à la faveur d'une triangulaire ou quadrangulaire. Ce qui signifie que les tractations et fusions de listes vont être les principaux déterminants de l'issue de l'élection.

Les rumeurs couraient, et finalement France3 annonce la fusion des listes Zimmermann et Griesbeck. Je ne sais pas le dire autrement: ça me scie le cul. Je pensais que Nathalie Griesbeck avait un peu de dignité. Après avoir clamé qu'elle ne fusionnerait avec personne (mais peut-être parlait-elle seulement de Rausch), voilà qu'elle va propulser, car il ne saurait en être autrement, Marie-Jo Zimmermann, représentante avec Jean-Louis Masson de ce que la droite mosellane fait de pire [1], en meilleur espoir de ceux qui ne veulent pas des socialos-communistes à la mairie de Metz (oui, les termes du débat sont bien de ce niveau-là: apparemment la droite messine craint réellement l'arrivée des chars soviétiques rue Serpenoise). Et en plus, Lebeau, centriste mais pas trop, fera également cocu ses électeurs en étant de la partie, pour la gloire d'un strapontin au conseil municipal. Misère...

Il est à espérer que ces manœuvres à deux sous aient le destin qu'elles méritent: un petit séjour dans l'opposition pour Zimmermann, un renvoi à ses petites affaires de Griesbeck, qui pourra se consacrer pleinement à son mandat passionnant de députée européenne (je dis ça sans ironie), et la mise à la retraite de celui qui a été maire de Metz pendant six mandats, soit six de trop. Au moins.

Il est temps que Metz se réveille. Elle ne peut rester une ville morte plus longtemps.

J'ai envie de dire: Allez Gros!

Notes

[1] Citons Grosdidier, patron de l'UMP de Moselle (un sacré cas lui aussi): Le tandem infernal Masson - Zimmermann pourrit la vie politique départementale. (source). Il faut dire que les deux zigotos ne sont pas pour rien dans le basculement à gauche de la région Lorraine en 2004.

Tags: , , , , ,