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mardi 27 mars 2007

Soiree electorale

Dans moins d'une demi-heure maintenant, les bureaux de vote vont fermer au Québec et les premiers résultats commenceront à affluer.

J'ai trouvé deux sites de journaux pour suivre les résultats:

  • Le Devoir, ici.
  • Le Matin: .

Par ailleurs, le site Go-Québec tente un sondage "sortie des urnes" qui ne semble pas convaincant au vu des premiers résultats (45% pour le PQ à l'heure qu'il est, j'ai un doute).

Edit: à 20h36, heure québécoise, les libéraux semblent prendre une petite avance, mais il est beaucoup trop tôt pour conclure. Pour la suite de la soirée, je vous renvoie sur les sites précités ou chez Scott’s DiaTribes qui fait un live-blogging. Moi, je vais me coucher!

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dimanche 25 mars 2007

Charest, Boisclair, Dumont...

On en parle peu, mais demain a lieu une élection générale au pays de la poutine, afin d'élire la 38ème législature de la Belle Province. Comme je passerais quelques semaines là-bas dans peu de temps, il me parait amusant d'en toucher deux mots, quitte à faire du sous-wikipédia.

Les parlementaires québécois sont élus comme les MP du Royaume-Uni au suffrage uninominal à un tour, ce qui favorise traditionnellement le bipartisme. Cependant les sondages, assez volatils, font planer l'incertitude sur l'issue du scrutin et semblent indiquer que trois forces sont susceptibles d'entrer à l'Assemblée Nationale du Québec. De fait, il est probable que le gouvernement qui ressortira du vote sera minoritaire.

Les trois principales forces en présence se distinguent donc par leur orientation sociales et économiques et, Québec oblige, par leurs positions assez radicalement différentes sur les liens entre la Province du Québec et la Fédération Canadienne:

  • Le Parti Québécois, d'André Boisclair, est bien sûr le parti nationaliste, celui qui a déjà mis en oeuvre deux référendums sur la souveraineté québécoise, qui ont tout deux échoué. Le parti se situe sur le centre-gauche, du point de vue économique et social, même s'il opère un mouvement vers des idées libérales depuis une décennie. Il se revendique cependant encore interventionniste et social-démocrate. Après avoir plus ou moins dominé la scène politique québécoise pendant trente ans, le PQ[1] semble en perte de vitesse depuis la défaite du deuxième référendum. Un regain de popularité survenu à la fin 2005 après l'élection à sa tête du charismatique André Boisclair s'est épuisé ensuite peu à peu lors de multiples contestations de son autorité.
  • Le Parti Libéral du Québec, du Premier Ministre Jean Charest, constitue la majorité sortante. C'est Jean Charest qui a provoqué les élections lorsqu'un fléchissement de la popularité de l'opposition péquiste s'est fait sentir. Les libéraux sont fédéralistes, c'est-à-dire qu'ils sont favorables au maintien du Québec au sein de la Fédération Canadienne. Vieux parti datant de 1867, il a toujours fait partie des meubles. Traditionnellement de centre-gauche, il s'est recentré depuis l'arrivée de Jean Charest à sa tête et occupe aujourd'hui un terrain de centre-droit.
  • L'Action Démocratique du Québec, de Mario Dumont. Comme au pays de sa majesté Tony Blair et comme en France, il arrive qu'un troisième larron vienne perturber la mécanique bien réglée du bipartisme, et c'est ce qui arrive avec l'ADQ cette année, un parti relativement récent qui unifie la droite québécoise et qui semble avoir des chances de franchir soit la barre des 20% des suffrages, soit les 12 députés, c'est-à-dire l'une des deux limites dont le franchissement lui permettrait d'avoir une représentation officielle à l'Assemblée[2]. L'ADQ[3] est un parti autonomiste, favorable à un rapatriement de bons nombres de compétences au niveau de la province, sans pour autant forcément quitter la fédération, même si le parti a défendu le Oui au deuxième référendum sur la souveraineté.

Bien entendu, se pose pour l'observateur étranger la question croustillante de la souveraineté québécoise. Dans ce qui ressemble bien à une tentative de redonner du tonus à une campagne difficile marqués des sondages chancelants, André Boisclair a affirmé qu'en cas de victoire, et même au cas où son gouvernement serait minoritaire, le PQ pourrait tenir un troisième référendum sur la question de la souveraineté. Le PQ attend en effet depuis des décennies les Conditions Gagnantes qui verraient un raz-de-marée pour le Oui à l'indépendance, et il est tentant pour un dirigeant péquiste de clamer que les conditions sont là et que cette forme particulière de grand soir est à portée de main. Cependant la tenue d'un tel référendum est pour l'heure irréaliste, l'ADQ et Mario Dumont y étant désormais opposé, l'Assemblée élue ne pourrait s'accorder sur la question à poser aux québécois si le PQ n'est pas majoritaire.

Une autre question en rapport cette fois avec les préoccupations des français est celle du multiculturalisme. Au Québec ceci prend la forme des Accommodements raisonnables, c'est-à-dire une série de dispositions tentant d'accorder les pratiques d'un groupe, le plus souvent religieux et la vie québécoise. C'est ainsi qu'un jeune sikh obtint le droit de porter à l'école un Kirpan, c'est-à-dire rien de moins qu'un poignard, et que le port du voile à été affirmé comme un droit pour les joueuses de soccer musulmanes.

Notes

[1] Ne pas rire. Les partisans du PQ sont appelés péquistes.

[2] Dans l'assemblée sortante, l'ADQ dispose de cinq députés

[3] dont les partisans sont les "adéquistes". Oui c'est bizarre.

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50 ans

Sons et lumières chez Eolas.

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